Dois-je organiser un test d'intrusion « en conditions réelles » (TLPT) ?
Pas forcément. DORA prévoit un niveau de test avancé appelé TLPT (test d'intrusion piloté par la menace) : une simulation d'attaque réelle menée par des testeurs spécialisés. Le règlement réserve cette obligation aux entités financières les plus importantes et exempte explicitement les micro-entreprises (moins de 10 salariés). Une norme technique européenne parue en 2025 précise qui est concerné et impose qu'un testeur externe intervienne au moins une fois tous les trois cycles de test.
source EUR-Lex (considérants 43, 56, 61) ↗ · source ESMA (règlement délégué (UE) 2025/1190) ↗
Qui vérifie concrètement que mon entreprise applique DORA ?
Pas une nouvelle police numérique : DORA s'appuie sur les autorités de supervision qui existent déjà pour chaque secteur financier (banque, assurance, marchés, paiement...). Chaque État membre désigne une ou plusieurs « autorités compétentes » parmi ses régulateurs sectoriels habituels, qui appliquent DORA en plus de leurs missions historiques.
source EUR-Lex (considérant 37) ↗
C'est quoi exactement le « registre » que je dois tenir sur mes prestataires informatiques ?
C'est une fiche d'identité de tous vos contrats informatiques : qui est le prestataire (cloud, logiciel, hébergeur...), quel service il fournit, si ce service est « critique ou important » pour votre activité, et où sont hébergées les données. Ce n'est pas un simple inventaire IT maison : le format exact est imposé par un texte européen qui fixe des modèles précis à respecter.
source EUR-Lex (considérant 65) ↗ · source ESMA (règlement d'exécution (UE) 2024/2956) ↗
Dois-je envoyer ce registre à une autorité, et à quelle échéance ?
Oui : les autorités de supervision collectent ces registres pour les transmettre aux autorités européennes. La première grande collecte a eu lieu au printemps 2025 (30 avril 2025). Vérifiez chaque année le calendrier fixé par votre autorité de tutelle, la fréquence exacte de mise à jour dépendant de votre secteur.
source ESMA ↗
Mon entreprise est petite, ai-je vraiment les mêmes obligations qu'une grande banque ?
Non, DORA prévoit un principe de proportionnalité. Si vous êtes une micro-entreprise (moins de 10 salariés, chiffre d'affaires ou bilan sous 2 millions d'euros), vous n'êtes pas obligé de nommer un responsable dédié à la surveillance de vos prestataires, vous pouvez adapter vos tests à vos moyens réels, vous êtes exempté du test avancé TLPT, et vous pouvez vous appuyer sur des audits indépendants mutualisés plutôt que d'auditer vous-même chaque prestataire.
source EUR-Lex (considérant 43) ↗
Existe-t-il déjà des textes d'application détaillés que mon prestataire IT doit connaître ?
Oui, DORA n'est pas qu'un texte de principe : plusieurs normes techniques détaillées sont déjà parues pour préciser comment l'appliquer concrètement, par exemple sur les tests de résistance (règlement délégué (UE) 2025/1190) ou sur le format du registre des prestataires (règlement d'exécution (UE) 2024/2956). Ce sont ces textes qu'un prestataire informatique sérieux doit connaître pour vous accompagner correctement.
source ESMA ↗
Si un de mes prestataires informatiques « critiques » ne respecte pas les règles, qui peut le sanctionner ?
Pour les plus gros prestataires informatiques désignés « critiques » au niveau européen, un « superviseur chef de file » européen peut leur infliger directement des astreintes journalières s'ils ne se conforment pas à ses recommandations : un pouvoir de sanction qui dépasse les frontières nationales. Pour les entités financières classiques (vous, si vous en êtes une), les sanctions restent définies et prononcées par vos autorités nationales compétentes habituelles.
source EUR-Lex (considérant 80) ↗
Ces réponses digèrent le texte officiel de DORA en langage simple : elles ne remplacent pas
un avis juridique. Vérifiez toujours votre situation précise avec un conseil spécialisé.